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19 Jan 2012

google_maps_logo.pngNous avons longtemps hésité avant de relayer les accusations émises à l'encontre de Google tant celles-ci nous semblent démesurées et hors de propos. Mais, des sites à grande audience (clubic, numerama ou encore slashdot) n'ont pas eu ce genre de scrupules. Au regard du déchainement de commentaires qui fustigent google, il nous a semblé important de clarifier cette situation rocambolesque et de nuancer les différentes allégations. Bien évidemment, cela n'est que notre avis et si vous avez des arguments contraires n’hésitez pas à nous les signaler dans vos commentaires.

Cela commence tout d'abord par cette histoire de concurrence entre d'une part Mocality, une entreprise basée au Kenya et d'autre part le programme Getting Kenyan Businesses Online une initiative parrainée notamment par Google. Il semblerait que l'entreprise indienne sous-traitante de Google ait contacté volontairement les clients de Mocality et colporté à son sujet de fausses allégations. Il est important de préciser que Google a immédiatement réagi et s'est excusé de ces agissements qui, après une enquête interne, proviendraient d'un individu isolé. Tout cela aurait pu en rester là et nous n'aurions jamais entendu parler de cet incident. Mais voilà, c'est maintenant OpenStreetMap (OSM) qui a été la cible "de plaisantins" dont l'objectif était une détérioration volontaire des données de la base. Dans ce billet, les membres de la fondation OSM affirment que l'adresse IP utilisée pour "attaquer" Mocality est la même que celle utilisée pour vandaliser la base OSM.

Bien évidemment, ma première réaction à été d'être scandalisé par ces actes. Mais en y réfléchissant un peu plus, toute cette histoire à quelque chose de kafkaïen ! En effet Google participe depuis longtemps à la promotion d'OSM en finançant par exemple des projets lors du Google Summer of Code. Alors, pourquoi agir de la sorte ? Bien évidemment, certains diront que Google à certainement peur des potentialités d'OSM et ne manqueront pas de citer le récent basculement de StreetEasy ou de Nestoria. Mais, personnellement, je n'y crois pas et je trouve dommage qu'un minimum d'enquête n'ait pas été réalisé par la fondation OSM avant de relayer cette information. D'ailleurs, je ne suis pas le seul à avoir ce point de vue, Tom Hughes qui est l'un des administrateurs réseau d'OSM a eu ces mots particulièrement justes : "let me start by saying that I consider this post to be grossly irresponsible and wholly inappropriate" !

Fermons cette parenthèse sur ce que j'estime être une mauvaise gestion de la communication de la part d'OSM et analysons plus en détail la situation.
Premièrement d'un point de vue économique, Google et OSM ne sont ni sur les mêmes segments de marché, ni sur les mêmes modèles économiques et surtout le web est bien assez grand pour ces deux acteurs de la cartographie. Bien évidemment, chaque entreprise, association ou organisme qui bascule vers OSM est pour nous une victoire. Mais honnêtement, cette infime proportion n'est rien comparée à celles qui chaque jour décident d'adopter les outils et les plateformes de Google ! Le dernier exemple en date qui me vient à l'esprit est celui de la banque mondiale qui a choisi Google Map Maker.
Deuxièmement, si Google avait réellement souhaité introduire de fausses informations dans la base OSM, je pense que les ingénieurs de la compagnie sont suffisamment bons pour que cela soit indétectable. Or la manière dont cela a été réalisé me semble plutôt rudimentaire et il n'a pas fallu très longtemps aux administrateurs d'OSM pour détecter la supercherie.
Enfin, pour conclure, je suis certain que la plupart des personnes qui travaillent chez Google sont animées du même esprit Open Source que nous. De ce fait ils ne pourraient accepter un acte tel que celui-là !

Finalement, entre l'écriture de ce billet et sa publication, Google a réagi et cela a été pour le moins expéditif ! L'épilogue de cette histoire nous est donné par Numerama qui nous apprend que les deux employés mis en cause ont été licenciés. Alors Google evil or not ? Je dois avouer qu'il est bien difficile d'y répondre. Oui Google a une politique de données que nous réprouvons mais d'un autre côté ils font tellement pour l'Open Source qu'il est difficile d'apporter une réponse tranchée. Et vous quel est votre avis ?

A propos de l'auteur: 
GeoTribu

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Commentaires

Renvoyer les deux employés sans préavis ni condamnation encourue est-ce vraiment agir de manière responsable ? Vu les "dégâts" occasionnés, un simple rappel à l'ordre aurait été sans doute plus judicieux. 20 modifications ! Mazette, tout ça pour ça ! Activité réseau non autorisée par Google, on dégage le salarié ! N'est-il pas plutôt là le scandale ?

Guillaume

D'un point de vue purement humain et au regard de l'acte c'est peut être un peu excessif.
Mais, les préjudices indirects pour Google sont importants. Il suffit de voir tout le battage médiatique que cela a occasionné. A mon avis la cause du renvoi est cette mauvaise publicité plutôt que les actes eux mêmes.

A.

Il est clair que c'est le battage mediatique qui a decide des actes de Google surtout apres ce qui s'est passe avec Mocality. D'ailleurs ils ont ete renvoye pour une autorisation non permise du reseau de Google non pas pour leurs actes de vandalisme, ce qui reste tres revelateurs.
Ed Parsons a eus aussi des mots tres justes quand un contributeur lui a demande s'il contribuait encore a OSM sur Twitter: il a repondu que non de peur de se faire accuser de vandalisme.

"D'ailleurs ils ont ete renvoye pour une autorisation non permise du reseau de Google non pas pour leurs actes de vandalisme, ce qui reste tres revelateurs."

Ce qui revient au même, car je ne pense pas qu'être intervenant OSM soit interdit par Google.

Même en France on vire des personnes pour bien moins que ça, je pense qu'il n'y a aucune raison de s'insurger sur ces pratiques. D'ailleurs il n'est pas clair qu'il y a licenciement :

« Les deux personnes ayant effectué ces changements étaient des contractuels travaillant à leur compte tout en étant sur le réseau de Google. Ces derniers ne travaillent plus sur des projets de Google ».