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25 nov 2011

News.png Une semaine plutôt calme dans le petit monde de la géomatique. Mais rassurez-vous nous avons tout de même quelques annonces. Nous parlerons notamment de la prochaine sortie de GVSig 2.0, de l'utilisation de l'OpenSource dans l'enseignement, de JQuery ou encore de cette vidéo remplie de poésie qui détourne habillement google maps. Bonne lecture.


Serveur et logiciel

out_med.pngBien débuter avec PostGIS
Lorsque nous avons commencé avec PostGIS, la ressource principale francophone pour apprendre était le tutoriel fait par David Techer et d'autres contributeurs. Le manuel de référence disponible en tant qu'archive sur http://old.postgis.fr/node/156 était le complément indispensable. Même si une bonne partie de ces documents reste valable, un effort louable a été entrepris par Nicolas Bozon et Gerald Fenoy avec ce nouveau tutorial, traduction du workshop du FOSS4G 2011. En effet, la documentation doit être reprise pour être mise à jour et d'ailleurs le site de PostGIS a été refondu récemment pour faire face à cette exigence. De plus, si vous lisez nos colonnes, les nouveautés des versions récentes de PostGIS ne sont pas traitées (raster, topology, 3D) dans l'ancienne documentation.


logo-gvsig_150_14.gifSortie GvSIG 2.0 en approche
Nous avions récemment mis en avant les initiatives autour des SIG libres bureautiques. Cette semaine est l'occasion de vous proposer de télécharger et d'essayer la version 2.0 de GvSIG qui vient de sortir en version alpha. Ce logiciel SIG étant avec Quantum GIS l'un des SIG bureautiques les plus avancés, nous attendons beaucoup de cette nouvelle version même si nous n'avons pas encore eu le temps d'en faire un tour complet. Pour en savoir plus, allez sur le blog officiel.


cartodb.pngCartoDB
Nous vous avions parlé très succinctement de CartoDB de Vizzuality il y a quelques semaines. Simon Mercier nous a devancé :) en faisant un premier test. Je n'ai toujours reçu mon invitation de mon côté (message subliminal pour l'équipe de CartoDB), mais selon le billet de Simon ça m'a l'air vraiment prometteur.
Vous manquez de patience et ne voulez pas attendre - ce n'est pas grave CartoDB est sur github :)


Côté client

icon_jquery.jpgjQuery Maps / HTML5
Voici un bel exemple de ce qu'il est possible de faire en matière carto avec un peu (beaucoup) d'HTML5 et un peu de jQuery - une magnifique carte. Une belle utilisation de htmlstorage pour une utilisation hors-ligne. Vous pouvez télécharger le code sur Github.
Continuons avec JQuery et profitons en pour annoncer la sortie de la version 4.1 de GMaps. Cette nouvelle version corrige quelques bugs et apporte des nouvelles fonctionnalités telles que la résolution automatique d'adresse pour les marqueurs.


qrcodegeotribu.pngQRCode en couleur
large_QRHacker.pngDans WebMapping, il y a Web. Et chez Géotribu nous aimons particulièrement ce dernier lorsqu'il est original. Vous connaissez peut-être le principe des QRCOdes ? Il s'agit de ces carrés ressemblant à une sorte de code barre. Mais d'habitude, ils sont bien monotones. C'est pourquoi nous ne résistons pas à l'envie de vous présenter des QRCodes en couleur grâce au site QRHacker. Par exemple, voici celui de la revue de presse de la semaine à votre droite. Ok, à part le logo et la couleur ce n'est pas forcément très original mais d'autres ont bien plus de talents prenez par exemple ce QrCode Nyan Cat ou ce petit Linux.


Divers

Cartastrophe
J'espère que l'auteur du site cartastrophe ne m'en voudra pas d'avoir emprunté le nom de son site pour notre titre mais je le trouvais particulièrement bien adapté.
En effet, savoir harmoniser les couleurs, choisir la bonne taille de police ou encore mettre en évidence les éléments essentiels sont autant d'éléments à maîtriser si l'on souhaite faire une belle carte. A mon sens, cette discipline relève autant de l'art que de la technique.
Si certaines personnes maîtrisent cela parfaitement, ce n'est malheureusement pas le cas de tout le monde. Cette discussion initiée le GIS StackExchange est est la preuve concrète. Je vous laisse savourer les différents liens, y'en a pour tous les goûts : surcharge d'information, sémiologie déplorable, etc. Oui, oui je sais il est toujours plus facile de se moquer mais parfois ça fait du bien :D ! Bon allé un dernier petit pique, rappelons cette "merveilleuse" carte déjà citée dans une précédente revue de presse. No Comment ...


opensource.gifOpenSource et enseignement
Peut-on enseigner la géomatique avec des outils libres ? Si vous suivez régulièrement nos articles vous vous doutez de notre réponse. Bien évidemment que oui. Le milieu de l'Open Source regorge de logiciels (QGIS, Grass, etc.), de librairies (GDAL/OGR, Proj4, etc.), de frameworks (GeoExt, GeoDjango, MapFish, etc.) ou encore de serveurs carto (MapServer, GeoServer, Mapnik, etc.)... De ce fait, sauf besoins particuliers, il n'y a pas besoin aujourd'hui pour l'enseignement de favoriser des logiciels propriétaires et l'expérience menée par Kurt Menke en est la preuve concrète. Ce dernier a animé cette année un cours intitulé "Introduction to Open Source GIS and Web Mapping". A la fin de ce cours bon nombre d'étudiants ont posé la question suivante : "Why isn't everyone using QGIS?" ! Oui pourquoi ?
Trois réponses peuvent être apportées. Tout d'abord, même si l’intérêt de l'Open Source est évident, l'émergence de ces solutions dans notre écosystème reste relativement récente. Beaucoup d'enseignants n'ont jamais entendu parler ou utilisé de ces alternatives. De plus, il faut savoir que le milieu de l'enseignement dispose de tarifs spéciaux. De ce fait, l'acquisition de licences propriétaire ne coûte quasiment rien. Pour les éditeurs propriétaires cette démarche n'a évidemment rien de philanthrope. Ils savent qu'une personne formée sur un logiciel aura par la suite de fortes chances de vouloir favoriser son utilisation. Enfin, le dernier point se situe du côté des employeurs. En effet, beaucoup d’entre eux demandent spécifiquement de maîtriser tel ou tel logiciel propriétaires. Dans ce cas, il est difficile pour les universités de ne pas suivre ces demandes car celles-ci sont également notées en fonction du taux d'embauche des étudiants.
Je n'ai listé ici que les trois explications qui me sont immédiatement venues à l'esprit pour expliquer cette absence du logiciel libre. Il en existe certainement d'autres. Si c'est la cas n'hésitez pas à réagir grâce aux commentaires.


voronoi.pngIdées reçues de/sur nos voisins
On vous parlait indirectement de stéréotypes avec le strip de XKCD qui portait sur les projections, cette semaine, nous avons bien apprécié cet ensemble de cartes qui porte sur les stéréotypes véhiculés par les différents pays et la vision de chacune des cultures. Vous trouverez aussi quelques visions décalées. Comme le suggérait certains sur Twitter, ce sera peut être votre nouveau calendrier.


georezo.pngLe blog Interopérabilité et GéoInformation à l'honneur
Nous l'avions un peu oublié mais deux nouveaux billets sont sortis et les deux ayant attirés notre attention, un petit topic dédié nous paraissait incontournable. Le premier va vous permettre de trouver une belle synthèse sur un standard OGC bien diffusé mais pas toujours bien compris : le WFS, ainsi vous trouverez les essentiels sur le sujet en consultant le billet dédié. Le deuxième billet nous intéresse plus sur l'aspect OpenData car il aborde le statut juridique des données dont celles OpenData.


these.pngGIS Jobs
En ces temps difficiles, il est toujours bon d'avoir un site spécialisé qui recense les offres de boulot dédiées aux SIG. En plus de l'incontournable rubrique Job de Georezo, voici une liste pour les anglophones.


Vidéos

part_esri.gifVidéos de la conférence SIG 2011
Chaque année, Esri France, organise la grande messe du SIG. Cette occasion représente pour de nombreux témoins et acteurs de la géomatique française une opportunité d'échanger et de débattre. Cette édition SIG 2011 aura réuni plus de 2000 participants provenant d'une vingtaine de pays autour de 160 communications et 30 ateliers. Si vous n'avez pas pu vous y rendre, rassurez-vous Esri a tout récemment mis en ligne les vidéos des différentes interventions. De nombreux sujets sont abordés comme la 3D, la technologie LIDAR ou encore les plateformes mobiles. Bon visionnage !


200px-Openstreetmap_logo.svg_.pngVidéos OSM
Une revue de presse sans OpenStreetMap, c'est pas vraiment une revue de presse - outre la mailing-list [FR] super active (un foisonnement d'idées - cf. les courbes de niveaux - chouette boulot) - il y a aussi de belles vidéos. Cette semaine les évolutions des couvertures de Berlin et Londres respectivement entre 2007/2010 et 2005/2010 :



pegman.pngVidéo Google Maps Street View
Un peu de poésie pour finir. Voici une très belle vidéo en stop motion intitulée "Address Is Approximate" ou comment s'échapper avec Google Maps Street View. Enjoy!


A propos de l'auteur: 
GeoTribu

Toute l'actualité de la géomatique Open Source ! Mais aussi des tutoriels, des billets de blog, des tests et surtout une bonne humeur géographique !

Commentaires

Pour l'argument en faveur des logiciels propriétaire : L'OSGeo-fr, un de ses membres, ou GeoTribu par exemple, va-t-il dans les établissement pour faire du lobbying exactement comme peut le faire tous les autres personnes morales concernées par l'utilisation . Pour le SIG bureautique, je me rappelle de travaux pratiques ennuyeux sur JSinfo (logiciel très bien, mais le formateur nous prenez pour des neu-neu), d'un TP express / clef en main avec Pythagoras, des fastidieuses séances avec GeoConcept, sans parler de MapInfo avec MapBasic, et ArcGIS. Et à comparer du gratuit ou quasiment à du gratuit, cela n'explique pas le défaut du libre dans l'enseignement. C'est donc le lobbying qui est présent d'un côté, et absent de l'autre.

Pour les serveurs carto, j'ai l'impression qu'ils ont assez leur heure de gloire. Le seul module de cartographie sur internet auquel j'ai eu droit (présentation, TP, plus projet) a été sur MapServer. C'est a priori une demande plus particulière que le SIG bureautique, donc forcément plus confidentielle, et je n'ai pas l'impression qu'on voit du ArcServer, ou tout autre serveur carto propriétaire dans l'enseignement.

Pour la partie utilitaires, c'est par définition quasiment inaccessibles dans l'enseignement. Les travaux dirigés sont faits avec les données qui conviennent, et les manipulations nécessaires sont à faire sur le logiciel sujet au travail dirigé. Donc pas vraiment d'utilitaires dans l'enseignement.

Pour la partie bibliothèque, il faudrait déjà des formations où il y a de l'informatique et de la programmation, et ça ne court vraiment pas les rues !

Pour l'argument de l'ignorance des enseignants, la réponse est encore le lobbying, on ne peut faire sortir un enseignant de son pré carré par génération spontanée !

Pour l'argument des employeurs, je suis sceptique concernant l'adéquation des formations face au besoin des employeurs. Il y a d'un côté l'employeur qui doit communiquer des fichiers projets à des partenaires, lui il est obligé de réclamer un savoir-faire sur une plate-forme. Par contre, tant que le produit fini est une donnée géographique ou une carte imprimée (papier, pdf ou tiff, peu importe), l'employeur sera amplement reconnaissant si l'employé sait faire valoir d'une compétence pour un logiciel qui ne coute rien à l'acquisition. D'ailleurs, combien de licences propriétaire achetés sont utilisés à leur potentiel ? Et puis toutes les formations ont un stage d'application, qui sert en partie à combler les éventuelles lacunes, et ce n'est pas l'apprentissage d'ArcGIS ou MapInfo qui va être un obstacle.

++
Jérôme

Bonjour Jérôme,

Je vous remercie pour votre intervention et je rejoins certains de vos arguments même si je ne serai pas aussi catégorique.
A mon avis, il faut voir cette démarche de l'Open Source comme une évolution et non une révolution. L'équilibre des forces entre d'une part le libre et le propriétaire finira par s'équilibrer. La deuxième phase sera alors des ponts communs entre ces deux mondes. Prenez par exemple le logiciel GeoCat Bridge qui en est l'illustration parfaite. D'un côté ArcGis, de l'autre GeoServer ou Geonetwork.

Concernant, le lobbying, l'OSGEO-Fr fait à ce sujet un excellent travail. Il suffit de voir la dernière journée QGIS qui a été organisée. Partout en France et dans le monde, ce genre d'événements permettent de montrer les potentialités des logiciels Open Source. Néanmoins, ce n'est pas pour autant qu'à la sortie de ce type de rencontres les personnes changeront leurs habitudes.

Pour expliquer cela, je reviens sur les différents arguments que j'avais apportés et plus particulièrement sur celui de l'entreprise. Vous mettez en avant le fait que "l'employeur sera amplement reconnaissant si l'employé sait faire valoir d'une compétence pour un logiciel qui ne coûte rien à l'acquisition". Dans le cas d'une PME/PMI cela est tout à fait recevable. Mais qu'en est-il des grands groupes ? Bien souvent, vous arrivez dans une équipe, tout votre environnement de travail est déjà paramétré et il est impossible d'installer quoi que ce soit sans passer par la Direction Informatique. Dans ce cas, vous faites comme tout le monde et vous utilisez les logiciels que vous avez sous la main.

Passons maintenant aux administrations publiques. Beaucoup d'entre elles ont fait d'énormes investissements pour développer des plugins sur des plateformes Esri, MapInfo, GeoConcept, etc. Que faire dans ce cas ? Développer à nouveau pour QGIS ou GVSIG ? C'est pourquoi beaucoup d'entre elles font le choix de garder les solutions existantes.

Néanmoins, petit à petit on remarque que le discours de l'Open Source séduit. L'État Français pousse également en ce sens. Comme je le disais en introduction, on devrait donc voir progressivement (je l'espère) une utilisation plus générale du libre.

Arnaud

Certes il n'est pas question de révolution, mais bien d'utiliser l'outil le plus pertinent. Et ce site montre bien des cas où le logiciel libre est le plus pertinent.

J'ai employé volontairement le terme lobbying, qui est différent de la promotion. Or je dirais que la journée QGIS, c'est plutôt de la promotion. Le lobbying va être une action plus directe, sur le sujet de l'enseignement, ça va être la proposition de modules de cours à différents responsables de formation.

Concernant les grandes entreprises, où le logiciel SIG n'est pas juste une installation par défaut, mais la définition d'une charte graphique, d'un circuit de production, de l'utilisation d'outil spécifiques, on a une forme de logiciel approprié par la grande entreprise. Il est normal que les directives d'utilisations viennent d'en haut, comme pour le reste du fonctionnement de la grande entreprise. Mais les grandes entreprises n'empêchent pas le retour d'information par le bas, et donc un savoir faire "Open Source" n'est pas inintéressant dans une formation initiale.

Jérôme